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Portrait de Cécile Leclerc Cécile
Leclerc
Unité 09 — Doyle Supervisé par Michael R. Doyle et Jérôme Lapierre
Apercu de la planche de vernissage

Mémoire thermique

Ce que la mutation de la silice par le feu nous racontera du Pyrocène

Cet essai-projet interroge la capacité de l'architecture à opérer comme dispositif de transformation matérielle, territoriale et narrative à l'ère du Pyrocène. S'appuyant sur les travaux de Stephen J. Pyne, qui définit cette époque comme un régime planétaire façonné par la combustion anthropique, le projet considère le feu non plus comme une menace à contenir, mais comme un agent opératoire capable de reconfigurer les relations entre matière, humain et territoire.

Au cœur de cette démarche, la silice, présente dans le sable et les scories industrielles résiduelles de la transformation du cuivre, devient une matière latente dont le potentiel est révélé par le feu. Sa transformation en verre incarne un passage critique entre un état de résidu opaque à celui de matière translucide, capable de capter, filtrer et inscrire la lumière et la chaleur. Le verre devient ainsi l'expression matérielle de la puissance du feu, à la fois trace figée d'une intensité thermique et médium actif dans la construction architecturale.

Potrerillos, ancien village industriel marqué par les dépôts et infrastructures extractives, est interprété ici comme une archive matérielle qui met en scène une matière en transition continue. La figure de la vestale y est réinterprétée comme médiatrice de ce processus, comme gardienne des conditions de transformation, veillant à la continuité du feu et à la révélation de cette matière.

L'ensemble se pose sur deux questions de recherche fondamentales : en quoi les transformations thermiques irréversibles redéfinissent-elles les relations entre l'humain, la matière et le territoire ? Et si une architecture productive et rituelle pouvait requalifier un territoire brûlé en mobilisant le feu et la silice comme agents de transformation ?